Voici venu le temps de vous proposer la chronique du
second album de Mechanical Poet, à savoir l’excellent Creepy Tales For Freaky Children.
Entre le titre du disque et sa pochette, on sait d’office que l’univers de Tim Burton sera dans les parages mais cet album réserve bien des surprises…
Welcome To Creepy Tales débute et il s’agit d’une intro très orchestrale, renvoyant par la même aux anciens opus du groupe. L’ambiance est directement posée jusqu’à ce que nos oreilles
tombent sur Urban Dreams qui arrive sans crier gare.
Premier choc : le chant. Aux antipodes de Sam, l’ancien chanteur du combo, il distille une toute autre palette vocale qui pourra en rebuter certains. Plus aigue et nasillarde, on se laisse
malgré tout charmé et cette nouvelle voix apporte un peu de fraicheur à la musique de Mechanical Poet. Le son du groupe a évolué, plus clair et catchy que par le passé mais en gardant son
atmosphère atypique et son univers addictif. Un premier titre qui en impose sévère et qui prouve bien que le combo Russe ne voulait aucunement
stagner après l’excellent premier essai qu’était Woodland Prattlers.
Même constat avec Bubble Bath et son refrain mémorisable dès la première écoute. Les arrangements sont excellents et le clavier reste l’élément maitre
en termes d’ambiance sonore tout en s’octroyant le luxe d’être pertinent et de très bon gout. Premier constat : le groupe divisera ses fans avec ce début d’album mais qu’importe car la
qualité est plus qu’au rendez vous.
Après un beat limite électro, Spikyhead + Miremaid fait sa grande entrée avec toujours ce soucis de l’arrangement musical au service de la musique et
des mélodies vocales fédératrices. Un début de CD très catchy, mélodique et entrainant. On pourra toutefois reprocher à l’ami Jerry son timbre parfois trop nasillard, qui dessert quelque peu la
mélodie sur certains passages.
Première halte mélancolique avec Vesperghosts Of Milford Playhouse et son rythme lancinent. Nous sommes
rassurés sur la capacité de Jerry à moduler sa voix pour accompagner la mélodie douce et sobrement triste de ce titre. Il est à noter un sympathique solo de Lex, tout en douceur et berçant nos oreilles jusqu’à l’arrivée de A Rose For Michelle.
Les choses sérieuses reprennent avec une intro du feu de dieu (pardon, j’ai juré) et son clavier en arrangement qui me rends dingue de plaisir à chaque fois ! La suite est du même tonneau, à
savoir un concentré de talent et d’efficacité. Je tiens également à préciser que le jeu de batterie de Vladimir est un réel plaisir, sachant alterner
les moments rentre dedans avec des passages plus soft et technique. Un début d’album sans faute, alternant sans faiblir les moments de gloire.
Voici venu la chanson totalement décalé de Creepy Tales… avec Dolly, un délire musical burlesque et qui
reprend nombre de codes de l’univers musical de Danny Elfmann pour Tim Burton. On pourrait rapprocher cette piste de Swamp-Stamp-Polka, présente sur l’album précédent mais en plus ambiante. Bien que sympathique, je trouve cette chanson assez
anecdotique.
Lamplighter nous accueille tout en douceur avec son saxophone en fond sonore, ce qui lui assure une très légère teinte jazzy loin d’être déplaisante.
La suite est assez différente car très pop, une des plus accessibles du disque avec un refrain à la limite de la pop/punk/rock. Assez déstabilisant au premier abord, de part son aspect joyeux, ce
titre est plein de surprise avec un pont musical tout en slap de basse et au retour du saxo, baignant ainsi la chanson dans deux univers bien distincts. Sa structure est en tout cas assez proche
des travaux plus progressif du premier opus.
Retour à la mélancolie avec The Afterguide mais en version plus musclé que son homologue Vesperghosts
Of Milford Playhouse. La mélodie, ainsi que le timbre de voix de Jerry, peut faire quelque peu penser à Billy Corgan du groupe Smashing Pumpkins
mais cet avis n’engage que moi, bien entendu. Un titre qui réussit une fois de plus à instaurer une ambiance immersive.
Petit moment tribal avec Aztec Zombie, une première dans l’univers de Mechanical Poet. Je ne peux encore qu’applaudir le talent de composition et
d’arrangement dont sait fait preuve le groupe car c’est tout simplement du grand art. Un titre assez spécial donc, mais dans le bon sens du terme. Je précise également qu’il s’agit d’un titre
bonus, uniquement disponible sur la version Director’s Cut de Creepy Tales For Freaky
Children.
The Dead, The Living And The City aurait du être le dernier titre de cet album à mes yeux (j’y reviendrais) tant elle sonne comme un épilogue musical. Beaucoup de mélancolie se dégage de
cette chanson et le tout est très bien interprété. Ce n’est pas la facette musicale que je préfère dans la musique du groupe mais force est de constater que le tout est cohérent donc pourquoi
bouder son plaisir ?
Dernière ligne droite avec Hide And Seek With Cary Nage, dans la plus pure tradition musicale du groupe. On aurait pu jurer qu’il s’agissait d’un
bonus track de qualité mais la douche froide qui va suivre nous démontre le contraire…
Je suis assez dur envers cette pauvre Once Upon A Day mais je pense que le groupe s’est frotté de trop prêt au style pop punk sans en avoir le
feeling. En résulte une chanson faussement easy listening et entêtante mais également relativement agaçante. L’univers du groupe est passé à la trappe et le tout sonne creux et sans relief,
malgré une bonne volonté évidente. Le plus frustrant est que l’album se conclue de cette manière là, un meilleur agencement des titres n’aurait pas était de refus…
Moi qui pensais qu’écrire une chronique sur un album que l’on connait très bien serait facile, je me suis plus que trompé ! J’ai conscience de mes pauvres compétences en matière d’écriture
mais j’espère avoir réussi à vous communiquer l’amour que je porte à ce disque car il s’agit pour moi d’un des meilleurs du groupe, si ce n’est le meilleur. Il comporte tout ce que j’aime dans la
musique de Mechanical Poet : une ambiance personnelle ainsi qu’un don pour les mélodies catchy.
Ne passez pas à côté de ce petit bijou, ce sera le conseil du jour.
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